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BIOGRAPHIE D'HENRY DUNANT
   

Toute adaptation exige une interprétation de la vérité historique, des choix scénaristiques et des ellipses dans l'existence d'un homme réel. Quelle était sa véritable biographie ? En voici quelques éléments.

Dunant et l'Algérie
Il y est envoyé par la Compagnie Genevoise qui, par concession du gouvernement français, a reçu un terrain à Sétif. En 1857, il fonde et fait prospérer la Société des Moulins de Mons Djémila. L'autorisation de l'exploitation d'une chute d'eau pour faire fonctionner ses moulins n'arrivant pas, il décide de s'adresser à Napoléon III.

Accusé de détournement de fonds
Poussé par ses actionnaires qui réclament des bénéfices, il spécule sur des carrières de marbre sans trouver les moyens de les exploiter. La guerre et la panique qui s'ensuit à la Bourse de Paris lui font perdre beaucoup d'argent. Son tort est de le cacher trop longtemps, espérant jusqu'au bout pouvoir se rétablir.

Solferino, été 1859
Italiens et Français s'associent pour bouter les Autrichiens hors du Nord de l'Italie. La bataille dure 15 heures, les pertes se chiffrent entre 30 000 et 40 000 sur 320 000 hommes. Dunant y reste trois jours, réussit à faire libérer les chirurgiens et médecins autrichiens pour soigner les blessés. Il écrit une lettre à la Comtesse de Gasparin qui lance une souscription dans le Journal de Genève pour envoyer des aides à Castiglione.

Un souvenir de Solferino
Il met trois ans à écrire le livre, l'édite à ses frais et, pour ne pas être accusé de tirer profit de ce qu'il dénonce, il l'envoie à ses amis, aux gouvernements et aux souverains. Immense succès, lettres de sympathie et de félicitations (Napoléon III, Victor Hugo, entre autres). Napoléon III et ledit complot contre Dunant Le complot mis en scène dans le film symbolise la méfiance et les difficultés rencontrées par Dunant dans ses démarches auprès des cours d'Europe et de ses propres coreligionnaires qui ne cesseront de vouloir sa perte.

La création de la Croix-Rouge
3 février 1863 : pour étudier le projet de société de secours proposé par Un souvenir de Solferino , la Société Genevoise d'utilité publique (dont font partie Moynier, Appia et Dufour) crée une commission qui devient le Comité International et permanent de secours aux militaires et blessés en temps de guerre. Le 26 octobre, 14 nations adoptent 10 des résolutions proposées. 1864, 22 août : en présence de 12 nations, le Congrès diplomatique de Genève, cautionné par la France, élabore la Convention de Genève. 19 autres pays s'y joindront dans les deux ans suivants. 1867 : Dunant démissionne de son poste de secrétaire et s'exile. 1875 : le Comité devient Comité international de la Croix-Rouge. Des personnages réels aux personnages du film Hubert, le grand-père, travaillait à l'hôpital de Genève. Daniel, le frère, était associé dans la société de Dunant. Moynier, Appia, Dufour, faisaient partie de la Société philanthropique. Adrien Nicky était un affairiste spéculateur en Algérie et Thuillier un comptable frustré. Cécile est inspirée de deux femmes : la Comtesse de Gasparin (voir ci-dessus Solferino, été 1859) et Cécile, une jeune orpheline rencontrée à l'hôpital ; ils seront assez proches et elle restera toujours présente, dans l'ombre. Léonie Bourg-Tibourg est inspirée de Léonie Kastner, femme d'un compositeur de renom. Elle ne cessera d'aider Dunant, même après son exil, et leur amitié amoureuse suscitera des rumeurs malveillantes. Samuel Lowenthal est inspiré de l'oncle de Dunant. Libraire et éditeur, original romantique et libre-penseur, il symbolise l'esprit de tolérance.

Dunant le visionnaire
Il crée L'Union de Genève. Ce lieu d'échange entre jeunes de tous milieux deviendra le centre d'un réseau quasi mondial. Sa charte sert toujours de base à l'Alliance mondiale des UCIG.

Il imagine restaurer la Palestine, alors sous domination turque, en y installant des populations chrétiennes et juives émigrées d'Europe Centrale, préfigurant la création de l'Etat d'Israël.

Il lance une société pour la protection des prisonniers de guerre et organise un congrès diplomatique à Bruxelles en 1874 (préfiguration de la 2e Convention de Genève de 1929).

Il participe à la création d'une collection de livres pour diffusion, dans les principales langues, des chefs-d'oeuvre universels de la littérature (préfiguration de la mission de l'Unesco et de l'Article 26 de la Déclaration des Droits de l'Homme).

Il dénonce la traite des Noirs et propose un congrès diplomatique à Berlin pour l'abolition effective de l'esclavage (préfiguration de l'Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme).

Il milite pour l'égalité entre hommes et femmes, imagine une société de la Croix-Verte pour protéger et aider les femmes. Il intervient dans la création de la Ligue des Femmes.

Il s'impose comme un leader du mouvement pacifiste mondial, écrit L'avenir sanglant , ouvrage anti-militariste et fonde l'Alliance universelle de l'Ordre et de la Civilisation, dont la mission est de favoriser le maintien de la paix sociale.

En quelques dates

8 mai 1828 :
Naissance à Genève

1853 :
Premier voyage en Algérie

24 juin 1859 :
Bataille de Solferino

1862 :
Edition de Un souvenir de Solferino

1875-1890 :
Les années obscures, l'exil

1892 :
Seul et malade, il s'installe à l'hôpital du district de Heiden

1895 :
La Freitagszeitung de Zurich déclenche une campagne de presse en sa faveur

10 décembre 1901 :
Il reçoit le premier Prix Nobel de la Paix

30 octobre 1910 :
Il meurt à Heiden